Étrange sentiment que celui qui m’habite en cet instant. Après cinq ans de travail, je viens de mettre le point final à La Roseraie des Transformeurs (titre provisoire). Je suis fière de ce roman, que j’ai réussi à achever malgré les vents de changement qui ont soufflé, parfois violemment, sur ma vie au cours de ces années. Je sais pourtant que cette fin n’en est pas vraiment une, puisqu’il reste plusieurs étapes à franchir avant que le manuscrit ne devienne un livre. L’une de ces étapes est, bien entendu, la révision.

Je sais aussi, par expérience, que mon rapport au manuscrit va maintenant changer, que l’histoire ne m’habitera plus de la même manière, parce que j’ai fini de la raconter. À l’anxiété de la création succédera celle de la publication.

Mais avant de m’inquiéter de tout cela, je vais tout de même prendre quelques instants pour me congratuler et célébrer. Treize chapitres (quatorze en comptant le prologue) et 50 585 mots, ça n’est pas rien.

Catégorie:
La voie de l'écriture
Étiquettes :
,

Joindre la conversation 5 commentaires

  1. Une œuvre n’existe que lorsque l’on commence à écrire les premiers paragraphes. Ensuite l’auteur et son œuvre s’affrontent dans un besoin d’exister.
    Chacun tirant la trame d’un côté ou d’un autre, on peut dire que l’œuvre commence une existence propre au fur et à mesure que l’auteur lui fournit de la substance. Le plus difficile pour l’auteur est de poursuivre l’idée initiale envers et contre tout. On pourrait parler d’obstination, mais c’est vital pour que l’on puisse mettre un point final marquant le début, et non la fin, comme un enfant qui quitte le cocon familial.
    Bon courage

  2. Merci pour ces mots d’encouragement bgn9000. De fait, le livre est souvent comparé à un enfant. Si l’on pousse plus loin la métaphore, on peut alors dire que le travail de révision s’apparente à la discipline : bien qu’essentielle à la maturation de l’« enfant », il faut veiller à ce qu’elle ne détruise pas sa personnalité — ou pis encore, qu’elle le laisse sans vie!

  3. Bonsoir,
    Cela fait quelques fois que je relis ton commentaire en réponse au mien. Je comprends parfaitement ce que tu dis à propos de l’éducation des enfants puisque je suis père depuis bientôt 6 ans d’un puis deux gentils monstres.
    Pour une œuvre, j’essaie de ressentir ce que tu dis mais j’ai un peu plus de mal et pourtant j’ai l’intuition que c’est essentiel. À savoir, ce qui distingue une œuvre d’une grande œuvre qui transcende son créateur et à la fois qui lui reste infiniment intime.
    Ce n’est la recherche d’une recette qui me motive ici, mais la compréhension d’un mécanisme. Comment enfanter d’une œuvre et lui donner sa liberté ?

  4. […] et lui donner sa liberté? Publié le 21 août 2010 par mjmartin (Je réponds ici à un commentaire laissé par […]

  5. […] fil des mois et des ans, je vous ai parlé à quelque reprise du projet (notamment, ici et ici), que j’avais provisoirement intitulé La roseraie des transformeurs. Le projet devient […]

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :