Il y a quelques mois, un homme a brisé le cœur de mon amie A. Elle a vu une fois de plus lui échapper son rêve d’une « parfaite » vie à deux.

Dans les jours qui ont suivi, je lui ai appris ces vers de Leonard Cohen.

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That’s how the light gets in

[Sonnez les cloches qui peuvent encore sonner
Oubliez vos offrandes parfaites.
Il y a une fissure en toute chose.
C’est ainsi qu’entre la lumière.]*

A. y a puisé beaucoup d’encouragement; elle en a fait, en quelque sorte, son hymne personnel.

A., qui est travailleuse sociale, les a aussi enseignés à une cliente.  Cette cliente a récemment participé à un programme psychoéducatif offert aux Ottaviennes et Ottaviens qui ont des problèmes de santé mentale. Les vers de Cohen avaient tellement touché cette cliente, qu’elle a décidé de les laminer et de les remettre avec une clochette à chacune des personnes suivant le programme avec elle. Tout au long de la journée, les participantes et participants se sont mutuellement encouragés en faisant tinter leurs clochettes. Les responsables du programme ont, au final, eux-mêmes adoptés les vers de Cohen.

J’ai eu la chair de poule quand A. m’a raconté cela. En effet, quand j’ai partagé ces vers avec elle, j’étais loin de soupçonner l’effet d’entraînement que j’allais produire.  Et je me demande si M. Cohen, qui souffre de dépression chronique, a idée de toute la lumière qu’il a semée grâce à ses mots.

* Traduction de Jean Guiloineau. Les vers sont tirés de la chanson Anthem, dont les paroles et la traduction complètes sont disponibles sur le site Web officiel de M. Cohen.

Photo : Les 29 cloches du carillon de Rouen, Agence Meurisse, via Gallica.

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