Démenottée

Simone Veil est décédée le 30 juin. Elle a défendu le droit à l’avortement en France dans les années 70.

Une génération de féministes s’éteint, mais le combat se poursuit.

La langue a été ma voie d’accès au féminisme. C’est logique, vu que le langage est mon matériau premier comme autrice et traductrice. Le hasard (ou serait-ce la providence?) a voulu que je doive fréquemment traduire pour des institutions qui avaient pour politique de féminiser les textes.

La curiosité m’a poussée à vouloir comprendre la raison d’être de telles politiques. J’ai lu les linguistes, de Céline Labrosse à Éliane Viennot. Leurs propos ont fait naître en moi une juste colère, nourrie par de nouvelles lectures, dont plusieurs avaient une portée sociale, voire économique. À cause de ces lectures, j’ai pris conscience de l’emprise du patriarcat sur ma pensée et ma vision du monde.

Je soupçonnais bien qu’un carcan de traditions et de préjugés m’emprisonnait et que je portais des menottes jusque dans ma tête.
— Benoîte Groult

J’ai pensé que mes neurones allaient disjoncter quand je me suis mise à lire les travaux de chercheuses et penseuses comme Genevieve Vaughan et Heide Goettner-Abendroth sur les sociétés matriarcales, parce que les réalités qu’elles décrivaient étaient complètement étrangères à la mienne. Quand Lennon chantait « Imagine all the people sharing all the world », il poétisait, la tête dans les nuages. Ces femmes, elles, exposaient en termes concrets des réalités qui existent ou ont existé, un mode de vie fondé sur le don et l’entraide plutôt que la propriété privée, où le masculin ne l’emportait plus sur le féminin.

Voyant ses certitudes patriarcales menacées, mon esprit a cherché à tout nier à coups de « oui, mais… ». En vain.

Les menottes sont tombées. Je ne vois plus le monde comme avant et ne l’écris plus comme avant non plus. Comment cette liberté se traduit-elle au juste dans mes projets d’écriture en cours? Ce sera le sujet de mon prochain billet.

Image : détail d’une soirie japonaise, Gallica.

La prose s’évente

Fleurs de mai_modifié« On aime les artistes torturées. Laissez-moi plutôt être une artiste illuminée », ai-je écris témérairement dans mon journal.

Les artistes torturées, rongées par la noirceur, elles sont nombreuses : Nelly Arcan, Sylvia Plath, Camille Claudel… Il me semble plus difficile de trouver des exemples de l’autre sorte, des artistes de la trempe de Maud Lewis, qui peignait pour la seule joie de peindre; ou de Kim Thúy, capable de lancer tout sourire en entrevue un aphorisme comme :

Si vous dites à l’autre qu’il est grand, il est obligé d’être grand.

Kim Thúy est une grande autrice, et elle fera l’an prochain son entrée dans le dictionnaire Robert.

De mon côté, j’irai m’éventer avec mes livres au parc Parkdale d’Ottawa le 10 juin. S’y tiendra la troisième édition de Prose des vents, un festival littéraire bilingue. En après-midi, je prendrai part, avec Liliane Gratton, Kalula Kalambay et Véronique Marie Kaye, à une table ronde intitulée : « L’Histoire dans le roman est-elle une mise en contexte sociale ou plutôt un catalyseur narratif? »

Réponse(s) à Prose des vents…

Entre-temps, voici un court passage de Ru où Kim Thúy donne à l’Histoire couleurs, parfum et grâce :

[…] tous ces personnages de mon passé ont secoué la crasse accumulée sur leur dos afin de déployer leurs ailes au plumage rouge et or, avant de s’élancer vivement vers le grand espace bleu, décorant ainsi le ciel de mes enfants, leur dévoilant qu’un horizon en cache toujours un autre et qu’il en est ainsi jusqu’à l’infini, jusqu’à l’indicible beauté du renouveau, jusqu’à l’impalpable ravissement. […] Je me suis avancée dans la trace de leurs pas comme dans un rêve éveillé où le parfum d’une pivoine éclose n’est plus une odeur, mais un épanouissement; où le rouge profond d’une feuille d’érable à l’automne n’est plus une couleur, mais une grâce; où un pays n’est plus un lieu, mais une berceuse.

Les relents de mort du printemps

Dans les coins sombres, les dernières langues de neige grise ont disparu. Des relents de pourriture s’échappent ici et là du sol gorgé d’eau. Sous le tapis brun des feuilles de l’an dernier, des pousses vertes bataillent pour leur place au soleil; elles se nourrissent de cette matière en décomposition. Le temps est venu d’entreprendre mon ménage du printemps. Pas de chiffon, seau ou vadrouille. Juste mes doigts nus pour mater le chaos de papier dans mon bureau et supprimer les fichiers périmés dans le nuage ou l’ordinateur.

En faisant le ménage de mes courriels, je tombe sur une citation de Jean-Jacques Pelletier envoyée à une amie il y a quelques mois :

 Tous les gens sont des cimetières vivants. Ils sont le résultat de désirs de gens qui sont morts. Ils ont été encouragés et nourris par des gens qui, souvent, ont disparu. Ou qui vont disparaître. Ils ont été blessés et traumatisés par des gens qui ont disparu. Ils désirent encore des gens qui ont disparu… ou qui sont voués à disparaître. Eux-mêmes, souvent, sont en train de mourir à toutes sortes de choses, à toutes sortes de relations… ou sur le point de mourir tout court 1.

Je pense justement à mes morts ces jours-ci. Ceux qui reposent sous la terre au cimetière et les autres — dont une ou deux fausses croyances, et mon espoir d’arriver à lancer un nouveau roman dans un délai d’au plus cinq ans après la parution d’Un jour, ils entendront mes silences. Cinq ans, c’est le chiffre magique, dit-on. Le public se souvient encore de vous; et, bien sûr, vous voulez qu’il se souvienne de vous, le public : ainsi, à sa librairie favorite, en voyant votre nom sur une couverture dans le présentoir des nouveautés, la lectrice ou le lecteur étendra la main pour palper le livre, le renifler…

Parmi les fausses croyances que j’ai laissé aller, il y a celle voulant qu’une écrivaine digne de ce nom doive terrasser seule le dragon du doute. Il est immense le doute et de même ses crocs, capables de broyer bien des projets. Alors, si j’ai besoin de renfort, pourquoi n’en demanderais-je pas?

Ce renfort, je l’ai trouvé dans le courriel d’une amie, la même à qui j’avais envoyé la citation de Pelletier — une héroïne aux oreilles et au cœur grandissimes :

Heroes didn’t leap tall buildings or stop bullets with an outstretched hand; they didn’t wear boots and capes. They bled, and they bruised, and their superpowers were as simple as listening, or loving 2.

Tout vient à point selon le plan de Dieu — la Déesse, l’Univers, le Grand Manitou ou, comme je l’ai appelé dans ce roman que vous lirez peut-être un jour, Déité. Le dragon dort pour l’instant. Je vais en profiter pour écrire.

Notes
1. Jean-Jacques Pelletier, Le Bien des autres, tome 2, Éditions Alire, 2004.
2. Jodi Picoult, Second Glance: A Novel, Washington Square Press, 2003.
Traduction : « Les héros n’avaient pas la faculté de bondir par-dessus les édifices ou de faire écran aux balles des revolvers simplement en tendant la main; ils ne portaient ni bottes ni cape non plus. Les héros saignaient, ils avaient des ecchymoses et leur pouvoir, c’était tout simplement de savoir écouter ou aimer. »
Image : Illustrations de Calendrier et compost des bergiers. La grant danse macabre, gravure sur bois, anonyme, 1531 (des archives numériques de la Bibliothèque nationale de France).

Mensonge et création

pinocchio

Certes, au fil des ans, j’ai lu un certain nombre d’ouvrages sur l’écriture et, en particulier, sur la construction de l’édifice littéraire qu’on appelle « roman ». Les conseils les plus éclairants sont souvent d’une simplicité désarmante, comme celui-ci, glané je ne sais plus trop où :

N’hésitez pas à faire mentir vos personnages.

Le mensonge, bien sûr, peut prendre plusieurs formes. Pieux mensonges, exagérations, omissions, etc. Il y a aussi la catégorie très spéciale des mensonges qu’on échafaude pour soi-même, parfois sans en avoir pleinement conscience.

Si une chose ressort des études, c’est que le mensonge est beaucoup plus fréquent que nous aimerions le croire [1]. Si je veux créer des personnages crédibles, je dois donc les faire mentir. La tentation est grande de mettre en scène une héroïne sans faille, ne serait-ce que pour faire contrepoids aux mythomanes qui squattent jour après jour mon fil de nouvelles. Mais une telle héroïne, personne ne s’y identifierait.

Ce qui fait la fraîcheur et la force d’un roman, c’est à la fois une adresse à construire des phrases et une profonde compréhension de l’être humain. Il ne suffit pas d’exceller dans la description (même s’il faut bien pouvoir situer la lectrice ou le lecteur). Il ne suffit pas non plus d’appuyer la narration sur des antécédents à tout casser. Quant au symbolisme, mieux vaut l’enfouir avec les déchets nucléaires. Le moteur d’un bon roman, c’est ce que les gens se font les unes ou les uns aux autres dans leurs accès de rage, de désespoir et de jalousie; leurs actes et leurs trahisons quand ils sont sous l’influence d’émotions toxiques [2].

— Anne Bernays

[1] Nous mentirions de 10 à 200 fois par jour, selon Pamela Meyer, autrice de Liespotting citée dans Psychology Today (23 septembre 2013).
[2] Traduction des propos d’Anne Bernays, tirés de son texte « The Write Lessons » (magazine The Writer, décembre 2016)
Image ci-dessus : Dessin de Charles Folkard, tiré du livre Pinocchio : the tale of a puppet, de Carlo Collodi, paru en 1911 (archive numérique de la bibliothèque publique de New York).

Plaidoyer pour l’art

arbre-de-vie_seraphine-de-senlis

Pourquoi l’art? Dans un récent numéro du journal Le Devoir, l’homme d’affaire et mécène Pierre Bourgie lançait un vibrant plaidoyer pour l’art :

L’art n’est pas une distraction, un amusement, un divertissement. Il n’est pas à prendre à la légère. C’est un langage universel qui unit, qui induit la réconciliation des contraires. […] L’art est exigeant. Il demande du temps, de l’introspection, un effort de l’esprit. Il faut aller au concert, lire, visiter les galeries, les musées, aller au théâtre, au cinéma. Il faut apprendre à écouter, à sortir de notre rassurante routine, à confronter nos idées, nos points de vue. Il faut être prêt à être déstabilisé, bousculé dans nos certitudes. Le monde évolue à la vitesse de l’éclair. Il faut s’adapter, constamment. L’humour ne suffit pas. Ni la gastronomie.

Avez-vous pensé à inscrire un peu d’art au programme de votre année 2017? Oserez-vous lire quelque chose de différent, aller au théâtre, mettre le nez dans une galerie?

Image : L’arbre de vie de Séraphine de Senlis, Musée d’art et d’archéologie de Senlis.

Les ailes de la curiosité

Une année d’ombre et de lumière, d’alléluias sacrés et d’alléluias brisés*. Voilà ce qu’a été 2016. Au cours des dernières semaines, je me suis ménagé du temps pour le soupeser. Bien sûr, je n’ai pas comptabilisé un à un rires, larmes, cadeaux et déchirements. J’ai néanmoins tâché d’évaluer avec le plus d’honnêteté possible ce que j’avais su faire de ces douze mois, selon mon habitude.

J’ai su nourrir ma créativité et tenter de nouvelles expériences, j’ai même achevé un manuscrit. Alors, comment expliquer mon sentiment d’échec face à cette année?

La vie n’est que le reflet des couleurs qu’on lui donne.

— Abbé Pierre, Confessions

Cette question m’a conduite à une autre, beaucoup plus large :

Qu’est-ce qu’une vie réussie?

En ce qui me concerne, ce sont à mes efforts pour embellir et bonifier le monde que je mesure, que je mesurerai mon succès. Et vous?

On ne lui offrait pas les ailes qu’elle avait imaginées, mais elle volait déjà. Et comme le bonheur des gens qu’on aime, même quand on ne le comprend pas, nous transforme, Valcourt regarda le baroque amas de tissus que Gentille étalait en sautillant autour de la table et ne vit que son sourire qui dessinait les formes de l’extase.

— Gil Courtemanche, Un dimanche à la piscine à Kigali

Certains jours, bonifier le monde, ce peut être aussi simple que d’offrir un sourire à l’inconnue croisée à l’arrêt d’autobus; d’autres, pour moi, ce sera d’utiliser mes talents de communicatrice afin de sensibiliser le public ou une élue à un problème. Chaque petit geste compte, mais pour construire un monde meilleur, il faut aussi des actions comme celles d’une Viola Desmond**, qui demandent de sortir des sentiers battus. D’où pour moi l’importance de choisir d’écouter plus souvent ma curiosité que ma peur.

L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation.

— Averroès

Alors, puisse la curiosité — la mienne et la vôtre — l’emporter plus souvent sur nos peurs cette année et nous donner des ailes.

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Bonne année 2017!

* De la chanson Hallelujah, de Leonard Cohen : « It doesn’t matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah »
** Militante noire et première Canadienne qui figurera sur un billet de banque. Pour en savoir plus : http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/viola-desmond/.
Image : Amelia Earhart, photo de John Vanowsky (via Flickr).

Écrire c’est… [23]

Mon amie A., qui connaît mon faible pour les citations, m’a texté celle-ci aujourd’hui :

Qui écrit quand j’écris?

— Éric-Emmanuel Schmitt

Une question intrigante, n’est-ce pas? On touche ici à la métaphysique. Parfois, c’est bien moi, dans toute ma terrestrialité, qui écrit. Parfois, l’espace d’un instant, les mots semblent venir d’ailleurs, quelque chose — les muses, une essence divine — parvient à s’exprimer à travers moi. Il y a des jours où je dois bûcher des heures pour goûter quelques secondes d’extase, durant lesquelles mon écriture transcende mon bagage, mes doutes, mes blessures, ma temporalité.

Écrire, c’est du travail, mais je ne pourrais pas vivre sans écrire. L’écriture me guérit. Et chaque texte est une blessure que je cherche à refermer.

— Serge Bouchard

Écrire devient alors un baume.

Patienter

Il y a des mots qui pèsent lourd. Certaines vous diront que le mot le plus lourd de la langue française, c’est « aimer ». Des tonnes, qu’il pèse, ce petit mot, disait le vieux sage de l’île d’Orléans.

Le verbe aimer pèse des tonnes. Des tonnes de chagrin, de joie, d’inquiétude, de doutes, de cris, d’extase. Ne le fuis pas. Ne pas aimer pèse encore plus lourd.

— Félix Leclerc

Pour celles qui écrivent, le mot « non » peut aussi s’avérer bien lourd. Malgré son poids, il faut trouver la force de continuer. Ces jours-ci, cela signifie pour moi avoir confiance que je trouverai le bon éditeur pour le prochain chapitre de ma carrière littéraire. Au lieu de mettre en doute la valeur d’un texte qui ne fait pas l’unanimité, je me rappelle que la divergence est porteuse de progrès et que l’échec n’est rien qu’un autre stade vers ma réalisation — comme femme et autrice.

On a mis du temps à reconnaître le talent de la peintre Emily Carr, et J. K. Rowling a essuyé bien des refus avant la publication du premier tome de sa série à succès.

Le professionnel a appris que le succès, comme le bonheur, vient comme un sous-produit du travail.

— Steven Pressfield

Indépendamment des résultats, écrire est devenu en soi un cadeau. C’est la boussole qui me montre le chemin quand la tempête fait rage. C’est la gorgée de mousseux qui fait pétiller mes yeux, mon antidote contre le ras-le-bol. Les causes de ce ras-le-bol? Elles ne manquent pas! Les actualités en déversent à gogo, de la mainmise de Nestlé sur nos ressources hydriques à l’enfer d’Alep, sans oublier les clowneries d’un soi-disant candidat à la présidence chez nos voisines et voisins du sud…

À mes amis littéraires et aux inconditionnelles qui s’enquièrent aimablement de ma prochaine publication, de tout cœur, je vous dis merci. Je vous suis reconnaissante pour votre intérêt et vos encouragements, mais il faudra patienter encore un peu.

Dans les mots de Susan Sontag

En attente d’un verdict sur deux textes (un roman et une nouvelle), j’essaie de tourner mon attention vers d’autres projets. J’en ai toujours. Bien sûr, je me demande s’ils valent d’être lus, ces textes.

Un roman qui vaut d’être lu est une éducation du cœur.

— Susan Sontag, Paris Review, les entretiens, tome 1.

Ils valaient d’être écrits, assurément. Chacun m’a apporté son lot de joies et de difficultés; chacun m’a fait avancer un peu plus loin dans la voie de l’écriture.

Mais écrire est une activité qui dans mon expérience ne devient pas plus facile avec la pratique. Au contraire.

— Susan Sontag, Paris Review, les entretiens, tome 1.

Des sujets et des livres

Je sais que vous vous demandez ce qui amène une écrivaine à choisir tel ou tel sujet plutôt qu’un autre. Tatiana de Rosnay explique en ces mots la genèse de son bouleversant Elle s’appelait Sarah :

Je me suis toujours intéressée à la mémoire des lieux. Je reste convaincue que les murs gardent en eux la trace et l’esprit de ce qu’ils ont pu abriter en événements douloureux. […]  Née au début des années 1960, je n’ai pas appris les details de la rafle du Vel d’Hiv à l’école. J’ai commencé à me documenter. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai été tour à tour effondrée, bouleversée, choquée, blessée. C’est pour tenter de réparer cette blessure que j’ai écrit ce livre.

Gabrielle Roy, elle, a décrit la naissance de Bonheur d’occasion comme une inévitabilité, une sentence presque :

À force d’écouter parler les gens au cours des soirs d’été, je me vis un jour avec un roman à écrire sur les bras. D’abord, je n’en voulus pas. Je me rebiffai. Au vrai, ai-je jamais vraiment consenti à être écrivain? Je ne pense pas. J’avais déjà trop bien pressenti qu’embarqué dans ce chemin, on ne peut en voir le bout. On marche de colline en colline; chacune est un peu plus haute que la précédente mais jamais assez pour voir au-delà de celle qui vient. Des nouvelles, des contes, des récits qui me rendraient assez vite ma liberté; cela, oui, je le voulais bien. Mais un roman!

Ces jours-ci, quand je m’installe devant l’évier pour laver la vaisselle, j’écoute l’audiolivre Big Magic (traduit en français sous le titre Comme par magie). Pour Elizabeth Gilbert, chaque sujet, chaque idée choisit son auteur ou son écrivaine. De fait, l’idée à l’origine du livre que j’ai récemment soumis à mon éditeur m’est tombée dessus pendant un après-midi caniculaire.

Bien entendu, j’ai par la suite investi des heures de recherche et de réflexion afin de la développer et de la raffiner, cette idée. Le produit final atteindra-t-il l’idéal littéraire qu’évoquait Léon Mazzella dans un récent commentaire? L’avenir le dira. J’ose croire qu’il est encore possible en ce siècle d’écrire avec style une histoire irrésistible, que lectrices et lecteurs voudront dévorer.

Comment choisissez-vous vos lectures? Est-ce que vos achats (ou emprunts) de livres sont guidés par la production hollywoodienne, par le palmarès de Renaud-Bray, les critiques — les vraies, celles qui ne sont pas de simples conseils de consommation, mais cherchent plutôt à élargir vos horizons en vous donnant de « nouvelles clés » — ou, encore, les recommandations d’amies? Le Fil rouge propose une formule bibliothérapeutique, qui vous permet de recevoir directement à la maison des « lectures inspirantes ».

Je lis en ce moment Est-ce que je te dérange, d’Anne Hébert. Il était posé sur un présentoir à la bibliothèque quand j’y suis allée. Je ne pouvais pas le laisser là!

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