Écrire c’est… [26]

Aujourd’hui, Antonine Maillet s’amuse à écrire parce qu’elle n’a plus « rien à prouver », affirme-t-elle dans sa plus récente entrevue au Devoir.

C’est pour qu’il reste quelque chose qu’on écrit, oui, pour qu’il reste ce qu’on n’a pas eu le temps de dire, ce qu’on n’a pas pu dire, ce qu’on n’a pas su dire, ce qu’on ne savait pas qu’on savait dire.

– Antonine Maillet

J’ai encore quelque chose à dire, mais je ne ressens plus la même urgence de publier. J’ai arrêté de me pressurer. J’ai vécu au travail assez de pression dans la dernière année et demie pour me guérir à tout jamais de ma productivite. J’aspire plus que tout à l’équilibre et à la joie. Je n’ai pas peur de l’effort, mais à mon rythme, avec en contrepartie une juste dose de repos.

Nous voilà au seuil d’une nouvelle année. Je vous la souhaite abondante!

Abondante en lectures substantielles pour aiguiser votre pensée et ravir votre cœur;

Abondante en relations humaines riches d’amour et de sens;

Abondante en nourritures de toutes sortes, celles de l’esprit comme celles du ventre;

Abondante en créativité, parce qu’il y a tant à inventer pour qu’advienne le monde de nos plus hauts rêves, où les océans sont vidés de plastique et les sociétés enfin égalitaires;

Abondante en paix, afin que l’énergie gaspillée à nous automutiler et entre-détruire puisse dorénavant servir à nous hisser vers de nouveaux sommets;

Abondante en « restes », le genre qui s’inscrivent sur le papier ou dans la mémoire, ceux qu’on vole au temps quand on s’attarde auprès d’une amie ou devant un coucher de soleil, sans oublier les restes de semaine, ces précieuses heures non programmées où l’on renoue avec soi-même au présent.

Bonne année 2019!

Écrire c’est… [25]

Écrire c’est, beaucoup, récrire. Quand j’arrive à ménager du temps pour ma vie d’écrivaine ces jours-ci, je récris.

Envie de jeter un coup d’œil sur ma table de travail? Voici un petit extrait pour exciter votre appétit :

Elle a dormi. Dans cette niche à deux mètres du sol, garnie d’oreillers et de traversins, elle a dormi, malgré le bouleversement survenu dans son corps, malgré la chose en elle. Elle a dormi d’un sommeil agité de rêves troubles, qui ont déposé dans son cœur une indicible tristesse — la tristesse des trous, comme celui creusé par la mort de l’oncle Naldo, mais pire, bien pire… Elle ne veut pas y penser.

Écrire c’est… [24]

Lever de soleil près de Québec

Écrire c’est ma religion.

À tâtons, à force d’écorchures et à coup d’affirmations positives, je tente d’approcher un peu cette façon d’écrire que dépeint Hélène Dorion dans Recommencements :

Simplement, j’écris un livre pour la lumière qu’il créera en moi.

 

Écrire c’est… [23]

Mon amie A., qui connaît mon faible pour les citations, m’a texté celle-ci aujourd’hui :

Qui écrit quand j’écris?

— Éric-Emmanuel Schmitt

Une question intrigante, n’est-ce pas? On touche ici à la métaphysique. Parfois, c’est bien moi, dans toute ma terrestrialité, qui écrit. Parfois, l’espace d’un instant, les mots semblent venir d’ailleurs, quelque chose — les muses, une essence divine — parvient à s’exprimer à travers moi. Il y a des jours où je dois bûcher des heures pour goûter quelques secondes d’extase, durant lesquelles mon écriture transcende mon bagage, mes doutes, mes blessures, ma temporalité.

Écrire, c’est du travail, mais je ne pourrais pas vivre sans écrire. L’écriture me guérit. Et chaque texte est une blessure que je cherche à refermer.

— Serge Bouchard

Écrire devient alors un baume.

Écrire c’est… [21]

Patrick Modiano, lauréat du Nobel de littérature, affirme l’importance de l’imagination chez celui ou celle qui écrit :

[…] loin de déformer la réalité, [son imagination] doit la pénétrer en profondeur et révéler cette réalité à elle-même, avec la force des infrarouges et des ultraviolets pour détecter ce qui se cache derrière les apparences. Et je ne serais pas loin de croire que dans le meilleur des cas le romancier est une sorte de voyant et même de visionnaire. Et aussi un sismographe, prêt à enregistrer les mouvements les plus imperceptibles.

 Discours prononcé devant l’Académie de Stockholm le 7 décembre 2014.

Écrire c’est [20]

L’art de l’écrivaine consiste en quelque sorte à « s’enlever du chemin »…

Ton manque de volonté, tes idées étriquées, mets-les de côté et permets à quelque chose de plus grand que toi de s’exprimer.

Natalie Goldberg (traduction)

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