Écrire c’est… [25]

Écrire c’est, beaucoup, récrire. Quand j’arrive à ménager du temps pour ma vie d’écrivaine ces jours-ci, je récris.

Envie de jeter un coup d’œil sur ma table de travail? Voici un petit extrait pour exciter votre appétit :

Elle a dormi. Dans cette niche à deux mètres du sol, garnie d’oreillers et de traversins, elle a dormi, malgré le bouleversement survenu dans son corps, malgré la chose en elle. Elle a dormi d’un sommeil agité de rêves troubles, qui ont déposé dans son cœur une indicible tristesse — la tristesse des trous, comme celui creusé par la mort de l’oncle Naldo, mais pire, bien pire… Elle ne veut pas y penser.

Écrire c’est… [24]

Lever de soleil près de Québec

Écrire c’est ma religion.

À tâtons, à force d’écorchures et à coup d’affirmations positives, je tente d’approcher un peu cette façon d’écrire que dépeint Hélène Dorion dans Recommencements :

Simplement, j’écris un livre pour la lumière qu’il créera en moi.

 

Écrire c’est… [23]

Mon amie A., qui connaît mon faible pour les citations, m’a texté celle-ci aujourd’hui :

Qui écrit quand j’écris?

— Éric-Emmanuel Schmitt

Une question intrigante, n’est-ce pas? On touche ici à la métaphysique. Parfois, c’est bien moi, dans toute ma terrestrialité, qui écrit. Parfois, l’espace d’un instant, les mots semblent venir d’ailleurs, quelque chose — les muses, une essence divine — parvient à s’exprimer à travers moi. Il y a des jours où je dois bûcher des heures pour goûter quelques secondes d’extase, durant lesquelles mon écriture transcende mon bagage, mes doutes, mes blessures, ma temporalité.

Écrire, c’est du travail, mais je ne pourrais pas vivre sans écrire. L’écriture me guérit. Et chaque texte est une blessure que je cherche à refermer.

— Serge Bouchard

Écrire devient alors un baume.

Écrire c’est… [21]

Patrick Modiano, lauréat du Nobel de littérature, affirme l’importance de l’imagination chez celui ou celle qui écrit :

[…] loin de déformer la réalité, [son imagination] doit la pénétrer en profondeur et révéler cette réalité à elle-même, avec la force des infrarouges et des ultraviolets pour détecter ce qui se cache derrière les apparences. Et je ne serais pas loin de croire que dans le meilleur des cas le romancier est une sorte de voyant et même de visionnaire. Et aussi un sismographe, prêt à enregistrer les mouvements les plus imperceptibles.

 Discours prononcé devant l’Académie de Stockholm le 7 décembre 2014.

Écrire c’est [20]

L’art de l’écrivaine consiste en quelque sorte à « s’enlever du chemin »…

Ton manque de volonté, tes idées étriquées, mets-les de côté et permets à quelque chose de plus grand que toi de s’exprimer.

Natalie Goldberg (traduction)

Écrire c’est… [19]

Dans le magazine The Writer de ce mois (septembre 2013), Cynthia Joyce écrit [traduction] :

J’ai d’abord été soulagée. Alors, même les écrivaines d’expérience éprouvent cette agitation et cette angoisse qui me sont si familières? Peut-être y avait-il de l’espoir pour moi, peut-être réussirais-je un jour à faire une écrivaine de moi.

Et puis j’ai été saisie d’épouvante. Comment, même les écrivaines d’expérience éprouvent cette agitation et cette angoisse familières? Et je me suis dit que, au final, je n’avais peut-être pas vraiment envie d’une carrière d’écrivaine(*).

* Cynthia Joyce, « Not for robots », The Writer, vol 126, no 9, p. 6.

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