Je crois

Rédigé il y a quelques années, puis retravaillé à maintes reprises… Ce texte m’a longtemps paru trop osé pour que je le publie. Le voici.

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Souvenir d'une promenade à vélo

Je crois en Dieu qui est tout et partout;
Force créatrice aux noms multiples
Pour les unes Yahvé,
Pour les autres Déméter, Grand Manitou ou Allah,
Masculin, féminin, etc.

Je crois en Jésus le Christ,
Fils de la femme Marie,
Par cette Force engendré,
L’adombré marcheur d’eaux
Venu prêcher une révolution des cœurs;
Qui enflamma de ses paroles la Galilée
Et qui se laissa crucifier par un intimidateur tremblant;
Témoin des déportations et des enfers génocidaires des hommes,
Mis et remis au tombeau des dogmes,
Il ressuscite quand nous aimons inconditionnellement
Et pleure de nous voir juger trop durement morts et vivants.

Je crois que toustes sommes appelées,
En communion avec Marie-Madeleine, Moïse,
Martin Luther King, Gandhi, le frère André, Malala
Et tant d’autres, connues ou inconnues, ici-bas
À devenir pareilles à lui et que
Par nos mains
Le royaume chaque jour se bâtit
où nous portons la vie.

Je crois qu’il faut prier partout :
Dans la rue, sous la douche, au pied des arbres, au lit, dans les salles d’opération,
Ainsi que dans les temples, les mosquées et les églises de tous acabits;
Que le silence de la prière et de la méditation sont aux esprits
Comme pluie pour les plantes.

Je crois que la Force créatrice est en moi et que je suis en elle
Avec montagnes, requins, procaryotes, neiges et tonnerres
Comme globules rouges, lymphocytes et acides nucléiques sont en moi;
Je crois à l’impermanence des choses,
À la malléabilité du réel
Et à l’immortalité de l’âme.

Amen.

© Marie-Josée Martin

Haïku sur la route XXXVII

HiverIl a suffit de quelques heures pour transformer le paysage. Voilà l’hiver, saison pour somnoler au coin du feu plutôt que pour sillonner la ville. Je mets donc fin à ma série et vous retranscris d’un bloc les haïkus des dernières semaines, oubliés dans mon ordiphone. 

 

C’est la nuit, déjà
Noir nocturne de l’automne et
Ses clairs artifices

Fort, féroce le vent
Souffle entre les édifices
Va, file, fuit cette île

Dans un banc de brumes
Parlement, repères, soleil
Volatilisés

Les branches dénudées
Montrent chacune de leurs courbes
Leurs blessures aussi

Spleen de novembre
Arbres et béton se confondent
Retourne au terrier

Un souffle du nord
De givre enrobe le monde
Dragée pour soleil

Couette de nuages
Toute la nature s’endort
Et toi avec elle

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