Écrire c’est… [29]

Écrire c’est un acte d’amour pour Elizabeth Jarrett Andrew. J’achève de grignoter son livre sur la révision [1], commencé en mars. Elle dit :

Au commencement, il y a une histoire — un mystère — et l’écrivaine lui donne vie par son amour [2].

Bien qu’à l’évidence on pourrait croire le contraire, les histoires sont vivantes. Elles sont enfantées par l’amour, fruits d’un accouplement étrange entre un être humain et le Mystère [3].

Et l’amour prend patience. L’amour voit le temps comme un allié. L’amour se fout des résultats, de la performance, des calendriers, des modes, des bonnes et des mauvaises critiques, des prix, des ventes, des comparaisons.

1. Living Revision — a Writer’s Craft as Spiritual Practice, Skinner House Books, Boston, 2017.
2. « In the beginning is a story—a mystery— and the writer loves it into being. » (p. 10)
3. « Despite tangible evidence otherwise, a story is a living thing.It is the lovechild of a strange coupling between human and Mystery. » (p.  221)

La comète, extrait d’un poème en cours de rédaction [2]

quelques poussières pour ta croûte
le souvenir d’une éblouissante queue
rien de plus ne te laisse
Halley

beauté de chasmes et cratères
sculptée par les impacts successifs
les vents galactiques
inconquise

Ci-dessus : la comète de Halley, photographiée par  le prof. Ellerman en  1910.

Pleine lune

Barrière des Bassins

Pleine lune sur la plaine
engrossée d’amour, se meurt
quand la clarté vient

Ci-contre : « Barrière des Bassins », eau-forte de J.-L.-G.-B. Palaiseau, Bibliothèque nationale de France.

La comète, extrait d’un poème en cours de rédaction [1]

Halley dans ton ciel

tu m’aurais voulue lune pour éclairer ta nuit
mais vers le soleil la comète poursuit sa course
grande voyageuse sidérale
de ton horizon vite disparue

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