Toute la pluie tombait sur moi

J’étais restée un peu plus longtemps au bureau pour terminer un dossier. Dehors, la pluie avait succédé au soleil, et il tombait des cordes. « Vous n’avez pas de parapluie? », m’a demandé Jean-Baptiste tout en me tendant le registre pour que je signe ma sortie de l’immeuble. « Non, mais ça ne me dérange pas de me faire mouiller. » Jean-Baptiste s’est mis à me parler de la pluie en Haïti, du plaisir de glisser nu sur la galerie les jours où il pleuvait à plein ciel.

Là-bas, les gens n’ont rien, mais ils savent s’amuser. Tandis qu’ici, dans notre cocon climatisé, nous déprimons, avachis devant nos écrans. Voilà la réflexion que je me suis faite une fois sur le trottoir. Toute la pluie tombait sur moi, et moi, pour un instant, je m’en suis réjouie.

Et si… Le bonheur

Et si le bonheur, comme une plante, se cultivait?

Si, comme la rose du Petit Prince, il fallait le défendre des chenilles (les rabat-joie pour qui la Terre n’est pas une orange bleue, mais une pomme pourrie)?

Il est si fragile, le bonheur.

%d blogueurs aiment cette page :