Alchimie

Je suis fascinée par le mariage des mots et de l’image; par l’alchimie qui se produit quand les mots ne servent plus qu’à expliquer l’image, ou quand l’image devient plus qu’un simple faire-valoir des mots.

L’artiste Marcus McAllister pousse loin cette alchimie dans ses carnets. Peter Gabor, sur Design & Typo, les qualifie d’« autothérapie calligraphico-picturale ».

Ces carnets sont une façon pour McAllister de nourrir sa créativité, voire de provoquer l’inspiration quand elle se fait désirer. Il explique sa méthode de travail dans une entrevue filmée par Cynthia Morris, intitulée The Dreamed Journal (en anglais).

Je tiens depuis l’université un journal intime. Au fil des ans, la forme de ce journal a changé considérablement. D’abord chronique du quotidien, il est devenu une sorte de ramasse-tout où je consigne idées, rêves, réflexions, citations, impressions de voyage ou de lecture, etc. Pour faire bonne mesure, j’y ajoute souvent photos et découpures. Mon rapport à ce journal ressemble à celui de McAllister avec ses carnets : il me sert de tremplin, tout en m’offrant une façon de continuer à écrire quand les circonstances m’empêchent de pratiquer autrement l’écriture. Le noir et le blanc y dominent. Classique. Même la couverture est noire. Cette monochromie a toutefois commencé depuis peu à m’étouffer. J’ai acheté un cahier rose. Je l’entamerai le 1er janvier; cela, qu’il reste ou non des pages à remplir dans mon vieux cahier.

Mais peut-être que le rose ne suffira pas après tout… Marcus McAllister m’a donné envie de couvrir de couleurs les pages de mon journal.

Photos : pages des carnets 68, 70 et 71 de Marcus McAllister,
avec l’aimable autorisation de l’artiste.

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