Mon journal au lieu d’une aspirine

Comme je le fais souvent pour amorcer ma journée d’écriture, j’ai écrit dans mon journal hier matin. J’y ai parlé d’une invitation qui m’a récemment été faite. À mesure que j’écrivais, mes épaules et ma mâchoire se contractaient; en quelques minutes, j’avais un début de mal de tête.

Mon corps me parle

Parfois mon corps sait bien avant mon intellect ce que je veux vraiment. Il ne s’embarrasse pas de futilités comme les bonnes manières, les obligations sociales, le sens du devoir… Il me révèle mes émotions véritables et me redonne ainsi à moi-même.

L’acte d’écrire dans mon journal me force à ralentir et me permet d’observer les réactions de mon corps. Quand je ne le fais pas, je me retrouve avec bien pire qu’un mal de tête passager. Au contraire, quand j’écoute mon corps, quand j’accepte de faire face à mes émotions plutôt que de les camoufler sous un comprimé analgésique — qu’est-ce que je vous raconte? quand je refoule sérieusement, un comprimé ne suffit pas : il m’en faut plusieurs par jours, pendant des jours, voire des semaines! —, bref quand j’accepte de vivre mes émotions, je peux alors m’en libérer.

Le journal intime comme outil de croissance personnelle

Je tiens depuis des années un journal, outil précieux pour l’écrivaine qui souhaite affiner sa maîtrise de l’écriture. Mais le journal peut aussi être cathartique, et j’exploite davantage son potentiel comme outil de croissance personnelle depuis que je suis tombée sur le livre The New Diary, de Tristine Rainer (paru en 1978, mais toujours pertinent). Une des techniques que j’ai essayée pour la première fois à la suite de cette lecture est celle du « changement de point de vue », qui consiste en quelque sorte à se glisser dans la peau d’autrui afin d’envisager une situation de son point de vue. Une autre technique particulièrement révélatrice est celle du dialogue : il s’agit d’avoir sur papier (ou sur l’écran, si vous tenez un journal numérique) une conversation avec une autre personne (vivante, morte, voire imaginaire), avec une autre partie de vous-même, etc.

En prime, cette exploration émotionnelle fait de moi une meilleure écrivaine puisque, comme le confiait récemment Patrick Nicol à La Presse :

Pour éviter d’écrire des banalités, il faut sortir de l’intellect […].

Et vous, tenez-vous un journal? L’utilisez-vous comme outil de croissance personnelle ou de perfectionnement littéraire?

Billet antérieur sur le journal intime : « Alchimie ».

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