Dans les mots de Susan Sontag

En attente d’un verdict sur deux textes (un roman et une nouvelle), j’essaie de tourner mon attention vers d’autres projets. J’en ai toujours. Bien sûr, je me demande s’ils valent d’être lus, ces textes.

Un roman qui vaut d’être lu est une éducation du cœur.

— Susan Sontag, Paris Review, les entretiens, tome 1.

Ils valaient d’être écrits, assurément. Chacun m’a apporté son lot de joies et de difficultés; chacun m’a fait avancer un peu plus loin dans la voie de l’écriture.

Mais écrire est une activité qui dans mon expérience ne devient pas plus facile avec la pratique. Au contraire.

— Susan Sontag, Paris Review, les entretiens, tome 1.

En attendant le printemps

SONY DSCJ’attends impatiemment que les tulipes sortent du sol et que les lilas refleurissent. Pour moi, c’est au printemps qu’il faut voir Ottawa.

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Écrire et lire

L’été, j’essaie d’écrire dehors (quand les conditions s’y prêtent, c’est-à-dire quand il fait beau et que les voisins ne sont en train ni d’ajouter un étage à leur maison ni de jouer les disques-jockeys pour le quartier).  Lire la Suite

Mystère

Il y a un mystère à l’œuvre dans le processus créatif. L’écrivaine elle-même n’est pas toujours consciente de toutes les strates de sens qui sous-tendent son texte, de toutes les lectures possibles.

Rencontrer une lectrice, échanger avec un lecteur, c’est donc parfois une expérience déroutante.

Écrire c’est… [17]

La romancière Elisabeth Vonarburg, grande dame de la science-fiction québécoise, parlait dans le dernier numéro de Nuit Blanche (no 129) de son rapport à l’écriture et à la lecture :

Et puis la folie obsessionnelle d’Achab*, et la férocité de toute la chose (telle que je l’imagine), ça ne m’attire pas. L’écriture est pour moi une joute, certes, et le mystère de l’univers une question toujours ouverte et un peu saignante, mais l’une et l’autre sont aussi des joies, et non des affrontements mortels.

Elle a beaucoup lu, dit-elle, mais avoue ne plus lire autant qu’elle le devrait. J’ajouterais que la romancière, à trop lire, finirait par manquer de temps pour écrire! J’aime la répartie de Vonarburg quand à ses choix de lectures :

[…] on n’est pas le lecteur de tous les livres, comme on n’est pas l’ami de tout le monde.

* Personnage central de Moby Dick, roman de l’écrivain américain Herman Melville.

Au revoir Kobo, bonjour Kobo!

Kobo a sorti une gamme de nouveaux produits avant les Fêtes. J’étais particulièrement intéressée par la Kobo Glo. Il y a quelques semaines, je suis allée jouer avec cette nouvelle liseuse en magasin. Elle m’a plu et, la semaine dernière, je l’ai finalement achetée.

J’ai retrouvé dans cette nouvelle Kobo toutes les qualités qui m’ont fait aimer le modèle Touch. L’écran de la Glo offre cependant une réactivité supérieure et un éclairage intégré qui permet de lire partout, à n’importe quelle heure. C’est bien pratique dans l’autobus le soir, d’autant que le soleil se couche de bonne heure dans notre hémisphère à ce temps-ci de l’année.

Petit constat sur le changement de liseuse. Pour les livres achetés dans la boutique Kobo, le « bureau » Kobo (Kobo Desktop) les transfère automatiquement sur votre nouvelle liseuse dès que vous branchez celle-ci à votre ordinateur. Si vous avez annoté ces livres, vos annotations suivront.

Pour les livres téléchargés d’autres sources, gérés par le logiciel Adobe Digital Editions (ADE), il faut intervenir. C’est-à-dire qu’il faut lancer ADE sur votre ordinateur, autoriser votre nouvelle liseuse, puis glisser les titres de votre bibliothèque vers la liseuse. L’opération est relativement simple, mais cela se complique si vous tenez à conserver vos annotations. J’ai déduit comment faire d’après des conseils donnés sur le site ebooksgratuits.com pour Androïd. Il m’a fallu deux essais, mais j’y suis arrivée.

Voici comment procéder pour transférer manuellement les annotations des livres pris en charge par ADE :

  • Branchez votre vieille liseuse. Avec l’explorateur Windows, repérez-y le répertoire Digital Editions. Ce répertoire devrait contenir un sous-répertoire appelé Annotations.
  • Copiez temporairement le contenu du sous-répertoire Annotations (une série de fichiers portant l’extension « epub ») sur votre ordinateur.
  • Branchez maintenant votre nouvelle liseuse, puis recopiez les fichiers d’annotations au même endroit que précédemment (remarque : si le sous-répertoire Annotations renferme lui-même un sous-répertoire appelé Digital Editions, c’est là qu’il faut recopier vos fichiers d’annotations).

De cette façon, j’ai pu retrouver toutes mes annotations.

Kobo continue d’améliorer le logiciel de ses liseuses, alors on peut souhaiter qu’un jour tombe le mur qui oblige à gérer séparément les livres provenant de la boutique Kobo et les autres — ou, à tout le moins, que cette gestion soit simplifiée.

Une des améliorations les plus récentes apportées au logiciel concerne les renvois. Le manuel ne le signale pas, mais, dans un livre en format ePub, il suffit de tapoter (c.-à-d., taper deux fois) sur le chiffre du renvoi pour y avoir accès. Sur le modèle Touch, le délai d’accès est important, mais sur la Glo, ce délai a été nettement raccourci — autre exemple de la réactivité améliorée.

La liberté dans la lecture

Où lisez-vous? Moi, je lis dans les salles d’attente, dans l’autobus ou le train, dans les cafés; rarement à la maison (sauf l’été, quand il fait chaud et que je cherche refuge à l’ombre des vieux peupliers dans ma cour). Bref, je veux des lectures portatives, mais je les veux aussi confortables. Ma lecture du moment fait environ neuf cents pages (Les frères Karamazov, de Dostoïevski) : j’ose à peine imaginer l’épaisseur qu’aurait le livre imprimé, ou la petitesse des caractères. C’est toutefois sur ma très légère et inencombrante liseuse que je lis en gros caractères le dernier Dostoïevski, le livre que l’auteur considérait comme « son œuvre la plus aboutie ».

De fait, je suis devenue plutôt rébarbative à la lecture sur papier. Ma question au libraire au moment d’un récent achat en librairie (un livre de la collection Folio) : « Il n’existerait pas une autre édition? Cette fonte est difficile à lire et la marge, bien trop large. » J’ose à peine imaginer ce qui a dû lui passer par la tête…

Je n’ai rien contre celles et ceux qui restent fidèles au papier (je continue de préférer moi-même le papier pour les beaux livres par exemple). Peu importe sur quel support on lit. Avant le codex (le livre relié), il y a eu le volumen (rouleau);  et avant, les tablettes d’argile. Chaque changement de support, loin de représenter une menace pour l’écriture et la lecture, a contribué à leur explosion et à leur renouvellement. Je ne comprends donc pas l’entêtement d’un géant littéraire comme Milan Kundera, opposé au numérique au point d’inclure dans ses contrats d’édition une clause stipulant que ses œuvres ne peuvent être publiées que sous la forme traditionnelle, comme le rapportait La république des livres :

[…] il me semble que le temps qui, impitoyablement, poursuit sa marche, commence à mettre les livres en danger. […] Voici une image qui, de nos jours, est tout à fait banale : des gens marchent dans la rue, ils ne voient plus leur vis à vis, ils ne voient même plus les maisons autour d’eux, des fils leur pendent de l’oreille, ils gesticulent, ils crient, ils ne regardent personne et personne ne les regarde. Et je me demande : liront-ils encore des livres? c’est possible, mais pour combien de temps encore?

Combien de générations passeront à côté de ce grand auteur à cause de son inexistence numérique? (L’insoutenable légèreté de l’être est un des rares livres que j’ai relu et que je relirai sans doute.)

Bien sûr, Kundera n’a pas tort de s’interroger sur les effets de notre technologie. Il faut s’interroger. D’ailleurs, sur Twitter ou dans la blogosphère, il se passe rarement une semaine, il me semble, sans que quelqu’un aborde sous un angle ou un autre cette question de notre rapport aux nouveaux médias. Nous sommes en période de transition, d’apprentissage. Nous expérimentons encore comment marier la liberté nouvelle qu’offre la technologie avec notre humanité et les impératifs du vivre-ensemble. Le regain d’intérêt pour l’étiquette n’est pas étranger à tout cela.(1)

La liberté, c’est d’ailleurs l’explication que David Desjardins a donnée à sa fille de six ans quand elle lui a demandé pourquoi apprendre à lire.

En sachant lire, tu pourras savoir si on te ment. Tu pourras vérifier par toi-même.

Pour conclure ce billet, je vous propose quelques liens pour voir de belles photos de gens en train de lire :

http://undergroundnewyorkpubliclibrary.com/
http://awesomepeoplereading.tumblr.com/
http://www.flickr.com/groups/reading/

1. Dans Le tour du Monde de la politesse, paru plus tôt cette année chez Denoël, Didier Pourquery constate justement que « au fur et à mesure que dans notre société les incivilités se multiplient, la curiosité pour le savoir-vivre et la politesse fait son grand retour. On édite à nouveau des manuels de savoir-vivre […] ».

Image ci-dessus : Femme lisant, National Media Museum, vers 1890, via Flickr.

Voir aussi :
Pourquoi lire? et L’ancien et le nouveau.

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