La porte

Les transitions sont des moments dangereux qui nous perchent au milieu de rien, désintégrés par la perte de l’instant fort auquel on s’était habitué et l’inexistence de celui qui suivra (manger? travailler? pleurer?). C’est sûrement dans les transitions que les dépressifs sombrent dans la dépression, les criminels dans le crime, et les artistes dignes de ce nom dans des illuminations qui bousculeront leur vie et celle des autres.

— Monique Proulx, Le cœur est un muscle involontaire.

Une grande fatigue s’est emparée de moi. Combien d’oncles, de cousines et d’amis larmoyants ai-je embrassés? Leur émotion ravivait chaque fois la mienne. Puis le défilé a pris fin. Je suis rentrée chez moi, où tout paraît normal en surface. Je ne pleure plus.

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Écrire c’est… [1]

J’ai récemment terminé le très beau roman  Le cœur est un muscle involontaire de Monique Proulx.

Je vous en livre un tout petit extrait :

« Les écrivains écrivent. Ils érigent des mots contre le vacarme extérieur, chaque mot soulève autour d’eux des pelletées de terre qui masquent peu à peu les fenêtres de la vie ordinaire, et ils écrivent, ils descendent dans les mots, ils s’enfouissent dans le puits de leurs mots jusqu’à trouver chacun leur tranchée secrète, inattaquable, celle de la douleur ou de la transe selon leur tempérament et leur signe astrologique, et dans cette tranchée solitaire et humide ils étalent leur imaginaire et se mettent à fignoler leur édifice. »

Et si vous avez envie de connaître un peu mieux l’auteure, je vous renvoie à l’entretien que publiait Le Devoir en mars 2008.

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